Le journaling

Le journaling : écrire pour créer de l’espace à l’intérieur

J’ai découvert le journaling il y a presque dix ans, un peu par hasard, en lisant le livre The Artist’s Way de Julia Cameron.
À l’intérieur, il y avait un exercice simple: écrire quelques lignes chaque jour, même si c’est juste pour écrire “je n’ai rien à écrire”.

Au début, je trouvais ça étrange.
Je m’asseyais devant un carnet… et le vide. Pas grand-chose à dire, pas d’inspiration particulière. Juste des phrases maladroites, parfois sans sens.

Puis, semaine après semaine, quelque chose s’est ouvert.

J’ai commencé à avoir beaucoup à raconter.

Sans structure.
Sans logique.
Sans réfléchir.

Juste écrire.

Et il y avait quelque chose d’incroyablement libérateur à poser sur le papier tout ce qui m’habitait, sans filtre et sans attente.

La première fois que tout s’est éclairé

Un jour, une situation me pesait.
Objectivement, ce n’était qu’un détail… mais intérieurement, elle prenait toute la place. Impossible de prendre du recul, impossible de lâcher.

Alors j’ai écrit.

J’ai vidé ce que je ressentais, sans chercher à bien formuler. Et au fil des phrases, quelque chose s’est démêlé. J’ai compris que la situation en elle-même n’était pas le problème.

Elle venait simplement toucher des schémas plus anciens.

Et là… tout s’est relâché.

La frustration.
La charge mentale.
Le poids dans le corps.

Comme si, en mettant des mots dessus, l’émotion n’était plus enfermée en moi.

Libérée.

Ce jour-là, j’ai compris que l’écriture pouvait devenir une forme de mini-thérapie quotidienne.

Une pratique qui grandit avec soi

Au début, c’était quelques phrases le matin.
Puis trois minutes par jour.
Puis trois pages entières.

Aujourd’hui, mon carnet me suit partout.

J’y écris quand j’ai besoin de créer de l’espace, de prendre du recul, de mieux comprendre ce que je ressens, de répondre à mes propres questions, ou simplement de rêver — du passé, du présent ou du futur.

Avec le temps, les carnets se sont accumulés sur mon étagère.
Différentes couleurs, différentes tailles, certains ramenés de voyages ou trouvés dans des lieux improbables.

J’aime prendre le temps de choisir le prochain.
Comme si chaque nouveau carnet ouvrait un nouveau chapitre de vie.

C’est devenu un rituel sacré.
Un espace pour moi.
En moi et autour de moi.

Bien sûr, le journaling ne remplace pas une thérapie. Mais c’est un merveilleux complément dans son quotidien. Un endroit sûr où déposer ce qui vit à l’intérieur.

Il n’y a pas une seule façon d’écrire

Chacun le pratique à sa manière.

Vous pouvez écrire :

  • ce pour quoi vous êtes reconnaissant.e,

  • ce que vous avez du mal à exprimer,

  • ce qui vous dérange,

  • ce qui vous rend heureux.se,

  • vos questions, vos rêves ou vos peurs.

Parfois une seule phrase suffit.
Parfois ce sont des pages entières.

Tous les matins, une fois par semaine, ou seulement quand le besoin se fait sentir.

Il n’existe aucune règle universelle.

Pour certaines personnes, l’écriture vient naturellement. Pour d’autres, elle peut sembler bloquante et c’est OK. Il n’y a pas une pratique magique qui fonctionne pour tout le monde.

L’important est d’explorer, d’essayer… et de réévaluer avec le temps si cela vous fait toujours du bien.

Dix ans plus tard, et après beaucoup d’encre et de pages noircies, cette pratique continue de m’accompagner avec la même douceur.

Comment commencer le journaling

Si vous avez envie d’essayer, commencez simplement :

  • Prenez un carnet qui vous plaît (important: il doit donner envie d’être ouvert).

  • Posez une limite de phrases ou de temps pour vous motiver à commencer.

  • Écrivez sans vous arrêter, même si c’est confus ou répétitif.

  • Ne relisez pas immédiatement.

  • Laissez venir ce qui vient.

Vous pouvez commencer par une phrase comme :

  • “Aujourd’hui, je me sens…”

  • “Ce qui prend de la place en moi en ce moment…”

  • ou simplement écrire tout ce qui passe par votre tête.

Le but n’est pas d’écrire quelque chose de beau.
Le but est de se faire du bien.

Parce que parfois, il suffit d’un stylo et d’une page blanche pour faire un peu plus de place à l’intérieur de soi.

Le journaling en retraite

C’est une pratique que j’intègre également dans mes retraites.

Dans le rythme du quotidien, on prend rarement le temps de vraiment s’arrêter pour écouter ce qui se passe à l’intérieur. Le journaling devient alors un moment suspendu, une pause pour soi, loin du bruit extérieur.

À travers des temps guidés d’écriture, j’invite à ralentir, à plonger doucement dans un espace d’introspection et à laisser les émotions s’exprimer librement, sans jugement ni attente. Souvent, ce sont des moments simples, mais profondément libérateurs.

Écrire permet de déposer ce qui était resté coincé, de mettre de la clarté là où il y avait du flou, et parfois simplement de respirer un peu plus grand à l’intérieur.

Suivant
Suivant

Gua Sha : Rituel de connexion